Acquisition 2012

Giuseppe Canella
Intérieur de l'église Saint-Jean-Saint-François
Huile sur carton
22 x 31,5 cm
Signé et daté en bas à gauche: Canella 1829


Né à Vérone en 1788 et mort à Florence en 1847, Giuseppe Canella était le fils d’un architecte et décorateur de théâtre. Si on connaît de lui de nombreux paysages du nord de l’Italie, notamment de séduisantes vues du lac de Garde ou du lac de Côme, c’est avant tout comme « vedutiste », autrement dit comme peintre de paysages urbains, qu’il est réputé. Grand voyageur, il peignit d’innombrables vues de villes italiennes – Vérone, Milan, Venise, Florence ou Rome – mais aussi de toute l’Europe – Madrid, Rouen, Amsterdam, Prague, Vienne, etc. C’est pourtant ses vues de Paris, exécutées pendant son long séjour dans la capitale (1822-1831), qui allaient lui assurer la notoriété ; alliant une grande précision topographique à une pittoresque représentation de la foule parisienne, elles lui valurent immédiatement un immense succès qui ne s’est depuis jamais démenti.

On ne s’étonnera donc pas que le musée Carnavalet ait rassemblé un grand nombre de ses œuvres – une quinzaine – et qu’il soit en quelque sorte, au même titre que Raguenet, Demachy ou Béraud, l’un de ces « peintres-maison » qui contribuent fortement à forger l’identité du musée.

 

En 2005, Les Amis du musée Carnavalet avaient déjà offert une peinture de Canella, montrant la Barrière Montmartre en 1823 ; aujourd’hui, avec l’aide de la Société Française de Chirurgie Orthopédique, ils viennent de nouveau enrichir la série des Canella du musée avec une vue de l’intérieur de l’église Saint-Jean-Saint-François (aujourd’hui Sainte-Croix-des-Arméniens).

 

Il s’agit de l’une des rares vues intérieures de l’artiste (on n’en connaît qu’une autre). La peinture, datée de 1829, nous montre, vu de la nef, le nouveau chœur de l’église qui venait d’être reconstruit en 1828. Canella reçut probablement commande de l’œuvre précisément pour marquer cette transformation. Aujourd’hui, l’œuvre est d’autant plus intéressante pour nous qu’elle témoigne d’un état qui n’existe plus ; l’aspect intérieur de l’église fut en effet sensiblement remanié sous le Second Empire : la grande composition qu’on aperçoit au-dessus de l’arc du chœur, avec le triangle de la Trinité dans une nuée, fut alors remplacée par une sculpture du Christ, auréolée de rayons d’or, tandis qu’on mettait en place une nouvelle, et remarquable, chaire à prêcher conçue par Victor Baltard.

Jean-Marie BRUSON,

Conservateur Général au Musée Carnavalet